Adromaron Cornaline

Adromaron Cornaline est l'un des aïeuls Cornaline. Il est entre autres réputé pour être à l'origine des Bannis, la lignée de la famille Cornaline la plus en marge, en raison de sa trop grande proximité avec les milieux occultes.

I- Les débuts, la découverte de la Flamme, la nouvelle étape.

Remontons le cours du temps. Adromaron et Gwydion Cornaline furent deux frères toujours rivaux. Ce que l'un apprenait, l'autre devait le dépasser. Le Kirin Tor voyait d'un bon oeil cette émulation réciproque qui poussait les elfes jusque dans leurs dernières limites. Pendant plusieurs années de formation, les deux elfes apprenaient plus de choses en moins de temps. Bientôt l'un comme l'autre pouvait prétendre au titre de mage de bataille, sous le regard impressionné de l'ensemble du corps professoral de Dalaran.

Mais le temps passa, et Adromaron se désintéressa peu à peu de cette querelle fraternelle futile - ce qui ne laissa pas Gwydion de marbre, qui y voyait davantage une nouvelle forme d'affront. Adromaron manifesta en revanche un intérêt toujours plus grand pour la maîtrise de la magie, sous toutes ses formes. L'essentiel, selon lui, résidait dans la capacité des êtres à contrôler leur environnement. Mieux ils le contrôlaient, plus ils pouvaient le contrôler, et plus leur volonté pouvait s'étendre à de nouveaux horizons. Cette vision laissait les magis perplexes : certains pensaient que pareille vision entraînerait une corruption de l'esprit, un basculement vers un désir de domination constant; d'autres trouvaient au contraire que cette vision ne pouvait qu'aider les sociétés à construire des édifices à leur image, de modeler un monde tel que ces sociétés le désirent.

On laissa finalement Adromaron travailler pendant quatre ans sans aucune surveillance particulière, ce qui mena Adromaron vers d'importantes pistes. Il se pencha notamment sur la maîtrise du feu qui semblait représenter un horizon bien plus immense et encore si peu découvert. Il rédigea même une thèse sur la maîtrise d'une énergie qu'il baptisa le "Feu Solaire", une sorte de flamme vivante directement issue de l'astre de lumière. Cette thèse fut très mal perçue par le Kirin Tor, affirmant que le Feu représentait l'élément le plus dangereux, le plus proche des sciences de la destruction, et qu'un tel savoir devait être interdit. Frustré, l'elfe cria à l'injustice mais ne fut entendu de personne. Il dut alors se résoudre à la décision du Conseil des Mages.

Ses écrits furent rapidement oubliés par la plupart des mages. Une poignée de néophytes se résolut cependant à lire cette thèse et à l'apprendre. Une fois cette thèse entièrement mémorisée, ils convoquèrent Adromaron lors d'une réunion secrète. Ils le félicitèrent pour son travail, lui affirmèrent que ces découvertes étaient dignes de certains archimages mêmes, et que cette arrogance du Kirin Tor était injustifiée. L'un de ces jeunes mages en particulier, un humain du nom de Bacchos, manifesta une réelle gratitude à l'elfe. Ainsi commença l'amitié de ces deux magis qui, pendant plusieurs mois, allaient échanger idées, pensées, savoirs.

II- La découverte de la nouvelle science.

Le temps passa jusqu'au jour où Bacchos se mit à parler d'un ordre clandestin de mages regroupés chaque semaine près du lac de Lordamere à Adromaron. Il suggéra à l'elfe d'assister à l'une des réunions, insistant sur le fait que son ardent désir de connaissance sur la maîtrise de la magie serait probablement satisfait. Intrigué, Adromaron accepta.

Le soir tombé, les deux mages quittèrent Dalaran en secret et se dirigèrent vers le nord. Plus loin, plusieurs mages furent regroupés, rassemblés en cercle, les yeux brillant d'une étrange lueur pourpre.

"Que font-ils?" demanda Adromaron.

"Ils entrent en phase avec un courant tellurique."

"Mais… Nous n'avons pas à entrer en phase avec, nous nous en servons déjà."

"Regarde par toi-même."

Quelques instants. L'elfe observa la scène. L'un des mages leva alors son bras droit dans les airs. On apercevait à quelques mètres plus haut l'esquisse d'un courant tellurique. Un éclair de lumière bleutée se dirigea alors de cette esquisse vers le bras du mage. Peu à peu, ce rayon devint pourpre à son tour. Le mage baissa le bras et montra à ses acolytes une boule à la lueur mauve au creux de sa main. Sidéré, Adromaron s'avança rapidement et parla.

"Mais… Qu'as-tu fait là?? Qu'est-ce que cette sorcellerie??"

"J'ai extrait de l'arcane de ce courant, et je l'ai corrompu. Regarde. Il n'a plus les mêmes propriétés."

L'elfe observa et, les yeux grands ouverts, remarqua que les arcanes voyaient leurs propriétés entièrement remodelées. Ce nouveau savoir l'avait déjà conquis. Il tenait à comprendre comment cela fonctionnait. Dès lors, il se rendrait à chacune de ces réunions pour en apprendre davantage.

III- Le début de l'Héritage.

Cette mascarade ne dura qu'un temps. Quelques mois plus tard, le conseil du Kirin Tor apprit que des réunions secrètes portées sur la gangraine de l'arcane avaient lieu. Tous les mages concernés furent renvoyés du Kirin Tor sans appel. Nouvelle frustration pour Adromaron qui voyait là l'injustice pure : comment peut-on punir ceux qui cherchent à assimiler du savoir, sous prétexte que l'on ne sait pas le maîtriser? Sont-ils jaloux, à tel point qu'ils refusent de voir d'autres obtenir ce qu'eux convoitent? Cela importait peu désormais, il devait rentrer au domaine Cornaline, couvert de honte.

Notons qu'Adromaron était l'un des fils préférés de Vyrros'Vyrr Cornaline, le grand aïeul, notamment car le jeune elfe était vif d'esprit et avait toujours eu une véritable curiosité. Peut-être le voyait-il comme l'héritier de son trône. Ce que Gwydion devait à tout prix éviter. Les agissements d'Adromaron allaient ainsi être la carte maîtresse de sa propre suppression du tableau familial, au profit de Gwydion. Gwydion parvint à convaincre que les agissements de son frères étaient méprisables, couvraient de honte l'honneur familial, qu'il ne fallait pas lui pardonner, que seul Gwydion incarnait la perfection à laquelle la famille aspirait. Il suggéra à son père de bannir Adromaron à jamais, en guise d'exemple, ce que le vieil elfe fit à contre-coeur. Fou de rage face à cette décision, Adromaron laissa sa colère l'envahir et tenta d'annihiler son frère. Malgré son échec, il remarqua que sa frénésie ne faisait qu'accentuer l'intensité de son nouveau pouvoir, ce qui le guida vers des limites encore plus repoussées.

L'elfe disparut et rejoignit les autres mages renégats pour former une caste nouvelle, dont les fondements reposeraient sur la corruption de l'énergie arcanique.

Peu de temps après naquirent les deux fils d'Adromaron, Vael'this et Soral'this Cornaline, de mère inconnue. Les rumeurs affirment uniquement qu'il s'agirait d'une prêtresse du Soleil, disparue peu de temps après l'avènement des mages renégats. Adromaron transmit à ses fils toute la hargne et toute la rancoeur qu'il accumulait contre sa famille et contre le Kirin Tor, l'héritage d'une gloire piétinée, salie, souillée. Il jura que ses fils seraient à ses côtés lorsque sa revanche contre la famille Cornaline serait prise, qu'ils incarneraient le sceau de sa victoire.

Un imprévu arriva quelques semaines plus tard. Gwydion apprit qu'Adromaron eut deux fils. Imaginant un complot politique futur pour la prise du pouvoir sur la maison, Gwydion ordonna la capture de ces enfants, qu'il éduquerait comme les siens. Une mission fut mise en place, mais elle ne fut couronnée que d'un demi-succès. Seul Vael'this put être capturé et emmené au domaine de la Tour Blanche.

Deux jours plus tard, un corbeau porta un message à la fenêtre de Gwydion:

"L'échéance a seulement été retardée. L'Héritage est déjà transmis. La justice triomphera, mon frère. Adromaron Cornaline."

[La suite sur plusieurs autres profils : Vael'this, Soral'this, et l'ordre des mages renégats: le Serpent d'Elementium (tous à venir)]

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